Le lait bio à nouveau collecté dans les Combrailles
La société Biolait vient de relancer la collecte de lait biologique dans les Combrailles, interrompue depuis sept ans. Une démarche qui devrait prendre de l’ampleur sur ce territoire, à l’heure où l’on manque de lait biologique français.
Depuis 2003, les producteurs de lait biologique installés aux confins de la Creuse, de l’Allier et du Puy-de-Dôme n’avaient plus de collecteur. Une heureuse issue a enfin été trouvée pour la dizaine d’entre eux qui avaient malgré tout poursuivi dans cette voie : la société Biolait, basée en Loire-Atlantique mais déjà très active en Haute-Loire, dans le Cantal et l’Allier, vient de relancer la collecte sur le secteur des Combrailles. « On manque de lait biologique français », explique-t-on chez Biolait en évoquant les questions d’impact carbone des transports et la traçabilité. D’où leur idée de développer à l’avenir la collecte sur ce territoire avec de nouveaux producteurs, par l’intermédiaire de contrats d’approvisionnement pluriannuels.
C’est en 1994, alors que l’agriculture biologique est encore une niche sans intérêt économique, que quelques éleveurs laitiers de l’Ouest ont décidé d’organiser la collecte de lait biologique. Biolait est aujourd’hui la plus importante structure de producteurs collectant exclusivement du lait de vache bio. Cette SAS regroupe plus de 450 fermes, soit plus de 702 producteurs répartis sur 52 départements, ce qui représente un potentiel de 53 millions de litres de lait biologique collectés par an. Plus de 150 produits lactés biologiques sont fabriqués avec ce lait par une quarantaine de transformateurs.

Collecte de lait Bio
L’Allemagne ou le Danemark en avance
En 2008, le lait bio de vache représentait seulement 1 % de la collecte totale du lait en France (*). Dans le même temps, 44 % des Français consommaient des produits biologiques au moins une fois par mois et 70 % d’entre eux avaient un produit laitier biologique dans leur panier. La fabrication de beurre bio, par exemple, a doublé depuis 2000. Mais ce sont l’Allemagne, le Danemark et l’Autriche qui assurent encore, pour l’heure, la moitié de la production européenne de lait bio.
Une Auvergne de plus en plus bio
De son côté, la Région a pleinement pris la mesure des enjeux liés au développement de l’agriculture biologique, et ambitionne de faire de l’Auvergne la « première région bio de France ». Le soutien du Conseil régional à l’agriculture biologique est passé, entre 2005 et 2010, de 200 000 € à 1,3 M€ par an. Outre le soutien aux exploitations, le « Plan bio pour l’Auvergne » permet aussi d’encourager le bio dans la restauration collective (28 000 repas bio servis dans les lycées en 2009), la recherche développement, et de favoriser la structuration collective de la filière bio. Des efforts qui portent leurs fruits, puisque le nombre d’exploitations se tournant vers l’agriculture bio est en augmentation, ces dernières années en Auvergne.
L’association interprofessionnelle Auvergne Biologique, chargée du développement de la filière bio dans la région, témoigne en effet de cette « bonne santé » du bio : en 2009, l’Auvergne comptait 674 exploitations agricoles certifiées AB, ce qui représente une hausse de 28 % par rapport à 2008. Et plus de 150 projets de conversion ont vu le jour en 2009, contre une trentaine l’année précédente. L’observatoire régional des filières biologiques précise en outre que le nombre d’installations et de conversions a été multiplié par 3,5 en l’espace de deux ans, et appelle de ses voeux une dynamique maintenue pour répondre aux attentes de consommateurs de plus en plus attentifs à la provenance de leurs produits.
(*) Source : FranceAgriMer/ssp
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