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Coopération internationale

Des liens consolidés entre la Chine et l’Auvergne

Alors que se termine la cinquième année d’une coopération entre le Liaoning, vaste province du nord-est de la Chine, et l’Auvergne, une délégation chinoise vient de passer quelques jours dans la région. L’occasion d’assister à la convention d’affaires Aéroliance et de consolider des liens qui commencent à se tisser fermement entre les deux partenaires.

D’un côté, le Liaoning, province située à la frontière avec la Corée du Nord, 145 900 km2 de superficie et près de 43 millions d’habitants ; de l’autre, l’Auvergne, cinq fois et demie plus petite par la superficie et surtout une population de « seulement » 1 339 000 habitants. Entre les deux, des milliers de kilomètres, mais une volonté de plus en plus farouche de tisser ensemble des liens d’amitié qui déboucheront sur des rapprochements économiques profitables aux deux provinces. Le déplacement d’une délégation composée de dignitaires politiques et de responsables économiques du Liaoning à l’occasion de la convention d’affaires Aéoliance, dédiée à l’aéronautique, a été une étape importante dans ce processus engagé depuis 2005 par la Région Auvergne et la Province du Liaoning.

Pourquoi le choix de cette région chinoise de la part de l’Auvergne ? « Pékin, Shanghai, n’ont que l’embarras du choix en termes de coopération internationale », explique Céline Boulineau, responsable du pôle Coopérations décentralisées au Conseil régional d’Auvergne. « Les plus grandes entreprises mondiales, les meilleures universités parisiennes ou américaines sont prêtes à travailler avec eux. Avec le Liaoning, la concurrence mondiale était moins forte. » Le Liaoning avait aussi au départ, comme évident point commun avec l’Auvergne, la présence importante de Michelin. Le manufacturier y a implanté sa plus grande usine au monde, usine qui devrait bénéficier d’importants investissements pour en étendre encore les capacités dans les deux ans à venir. Cette province est également la quatrième du pays pour le secteur aéronautique, dans lequel l’Auvergne est bien placée.

« Une base solide d’amitié »

Suite à la première convention passée entre les deux partenaires en 2005, une deuxième signature en 2007 a permis de prolonger la coopération pour trois ans, en lui adjoignant une dimension économique. En juin dernier lors d’un déplacement sur place, René Souchon, Président de la Région Auvergne, a conclu un nouvel accord jusqu’en 2013. Un processus qui pourrait paraître lent à se concrétiser, mais qui semble nécessaire à l’établissement de liens de qualité, préambules indispensables à une collaboration fructueuse sur le plan économique.

« Les Chinois peuvent pratiquer le court terme avec n’importe quel pays du monde quand ils le souhaitent, précise à son tour Cécile Cubizolle, responsable du pôle international à l’Agence régionale de développement économique (ARDE), bras armé de la Région Auvergne pour les questions de développement économique. Mais ce qu’ils recherchent avant tout, c’est une relation à long terme, qui ne soit pas seulement opportuniste. » Au fil des années s’est établi un climat de confiance, et même d’« amitié » avec l’Auvergne, selon les propres termes de TONG Zhi-Wu, secrétaire général de l’Assemblée populaire du Liaoning et chef de la délégation, pour la première fois en déplacement en Auvergne : « Nous avons pu installer une base solide pour l’amitié entre nos deux régions, ce qui pourra ouvrir de larges perspectives de coopération dans beaucoup de secteurs économiques. »

Plusieurs pierres à l’édifice

Plusieurs pierres viennent petit à petit édifier cette relation. Première d’entre elles, la création en 2008 d’un bureau de représentation de l’Auvergne à Shenyang, capitale du Liaoning, chargé d’accompagner les entreprises auvergnates dans leurs démarches sur place et de faciliter les relations d’entreprises chinoises avec la région française. L’Auvergne s’est également rapprochée du Havre, qui collabore depuis 25 ans avec Dalian, grand port du Liaoning, ou de Clermont-Ferrand, qui a noué un partenariat avec Anshan, pour s’inspirer de leurs expériences réciproques.

L’ouverture début 2011 d’un Institut Confucius à Clermont-Ferrand, que la délégation a pu découvrir en avant-première, aidera à promouvoir la culture et la langue chinoises. À son tour, le Liaoning va créer en début d’année prochaine un bureau de représentation économique et institutionnelle à Clermont-Ferrand. Une initiative chinoise qui va dans le sens d’une accélération du processus. « Le temps n’est pas le même pour eux et pour nous, explique Cécile Cubizolle. L’ARDE est par exemple une structure souple et réactive. Une province là-bas fonctionne comme un pays, en raison de l’échelle et de la machine plus lourde sur le plan politique. »

Plusieurs secteurs économiques concernés

Économiquement, une vraie dynamique est enclenchée. Par exemple, la société ACTEMIUM, basée à Chamalières et membre du groupe Vinci Énergies, a ouvert en 2009 un bureau de représentation commerciale à Shenyang. Par ailleurs, la société SLICOM, dont un des responsables avait participé au voyage au Liaoning en juin, a reçu la délégation et va se rendre à nouveau sur place dans quelques jours, signe d’un rapprochement souhaité de part et d’autre. En retour, les membres de la délégation ont ainsi découvert avec beaucoup d’intérêt les entreprises du secteur aéronautique en Auvergne, qui n’ont rien à voir en termes d’effectifs avec leurs entreprises de 12 000 employés, mais qui travaillent pour de prestigieux donneurs d’ordres. Dans une perspective où la Chine pourrait construire ses propres avions d’ici trois ou quatre ans, de telles rencontres s’avèreraient utiles, notamment en termes de maintenance, qui est le point fort de l’Auvergne.

Le secteur ferroviaire pourrait également être une ouverture pour le secteur mécanique auvergnat, la Chine construisant de nombreux tramways. Sont également envisagés à l’avenir des rapprochements sur le plan de la formation professionnelle, en particulier l’hôtellerie, ou l’échange de fonctionnaires et d’agents territoriaux. Autre événement qui plaide en faveur des bonnes relations Chine/Auvergne, la société Sol Solution basée à Riom, spécialisée dans les études de sol appliquées au BTP, et le laboratoire LaMI, rattaché à l’université Blaise-Pascal et qui se consacre à la mécanique et à l’ingénierie, ont également été retenus par l’État français pour développer un programme de recherche avec la Chine.

Affaires à suivre…

Contacts

➢ Céline Boulineau, responsable du pôle Coopérations décentralisées à la Région Auvergne. Tél. 04 73 31 86 19. E-mail : c.boulineau@cr-auvergne.fr.

➢ Cécile Cubizolle, responsable du pôle international à l’ARDE. Tél. 04 73 19 60 21. E-mail : c.cubizolle@arde-auvergne.com.

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