Espaces numériques de travail
Les lycées auvergnats passent la vitesse numérique
Dans les lycées, l’installation des Espaces numériques de travail (ENT) change progressivement la vie quotidienne des élèves, de leurs professeurs et des agents. Les ENT font entrer les lycées auvergnats dans l’ère numérique.
Au lycée professionnel Jean-Monnet d’Yzeure (03), Zoë surveille régulièrement ses notes, mises en ligne sur l’ENT : « C’est pour voir dans quelle matière il faudrait que je me rattrape. » Pour Wendy, absente quatre semaines, l’ENT a changé la donne : « Cela fait très peur de récupérer les cours, mais j’ai pu discuter avec les professeurs et les élèves, rendre mes devoirs de chez moi. » Quant à Glenn, élève en alternance, il s’en sert principalement depuis chez lui, dans le Morbihan, ou sur son lieu de stage, en Moselle !
Quelle que soit l’heure, quel que soit le lieu, il suffit aujourd’hui d’un ordinateur et de son mot de passe pour poser des questions, surveiller les absences et les informations pratiques ou encore accéder à la documentation. Les ENT sont en quelque sorte un bureau virtuel, un espace informatisé de travail et d’échange pour les élèves, leur famille, les enseignants et les établissements scolaires.
Nouvelle approche pédagogique
Pour Michel Sauvade, professeur d’histoire et géographie au lycée Blaise-Pascal, à Ambert (63), c’est toute la relation pédagogique qui s’en trouve enrichie. « Les ENT développent l’autonomie et la responsabilisation des élèves – et des enseignants ! Dans l’approche de la recherche documentaire, dans les relations entre élèves ou avec l’équipe pédagogique, chacun est incité à aller plus loin, à se rendre plus ouvert et plus disponible. » Il pense aux « collectes », devoirs optionnels proposés pour réviser le bac, à l’information en direction des parents, mais donne aussi l’exemple de nombreux élèves timides qui s’affranchissent de leur réserve via la messagerie. « Après de premiers échanges par courriel, c’est même leur attitude en classe qui peut évoluer. On est dans une logique d’individualisation pédagogique, mais au sein de la dynamique de groupe de la classe. »
Consulter le cahier de texte virtuel, véritable tableau de bord pédagogique, réaliser des devoirs en équipe sur des documents partagés et retrouver en ligne les cours présentés sur tableau blanc interactif deviennent de nouvelles habitudes. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) font évoluer les lycées. « En définitive, conclut Michel Sauvade, c’est tout sauf un gadget. L’ENT est tout à fait comparable aux pratiques de travail en réseau de l’enseignement supérieur et, plus tard, du milieu professionnel. C’est un véritable atout pour les élèves de s’initier très tôt au travail collaboratif. »
Tous les lycées équipés en 2010
L’Auvergne compte parmi les régions pilotes sélectionnées au niveau national pour expérimenter la mise en place des Espaces numériques de travail dans les lycées. Grâce aux efforts conjugués du ministère de l’Éducation nationale et du Conseil régional d’Auvergne, le déploiement de l’ENT dans les lycées publics d’Auvergne respecte son plan de marche : à la rentrée 2010, les 15 derniers établissements seront équipés d’un ENT.
L’originalité de la démarche auvergnate tient au fait que l’ensemble des établissements secondaires est concerné : lycées généraux, mais aussi lycées professionnels, lycées agricoles et EREA (établissements régionaux d’enseignement adapté). Le budget régional s’élève à 38,5 M€, et s’inscrit dans le cadre général de l’informatisation des lycées, qui comprend notamment l’achat d’ordinateurs et d’équipements tels que les tableaux blancs interactifs.
Compétente pour les lycées, la Région a également soutenu l’installation des ENT dans les universités clermontoises et à l’IFMA. L’expérimentation régionale a même vocation à faire école : la généralisation des ENT au reste de la France est aujourd’hui à l’étude.

Carte des Espaces numériques de travail en Auvergne
Une seconde nature pour les étudiants
Dans le cadre de l’Université numérique en région Auvergne (UNRA), l’Université d’Auvergne, l’Université Blaise Pascal et l’Institut français de mécanique avancée (IFMA) sont équipés de l’ENT depuis la rentrée 2008. Cette opération a été réalisée avec le soutien financier de la Région.
Olivier Guinaldo, enseignant-chercheur et vice-président TIC de l’Université d’Auvergne, porteur du projet UNRA, témoigne de son succès : « Chaque établissement a su adapter l’ENT à ses propres usages. À l’IFMA, l’accent est mis sur l’interaction entre les 650 étudiants et les enseignants. Dans les universités, l’outil est particulièrement adapté aux premiers cycles, qui rassemblent de nombreux étudiants : en Droit ou en Lettres, le taux d’utilisation quotidien est proche de 100 %. »




