Groupe socialiste
Ecouter pour agir juste
Interview de Jean Mallot, président du Groupe socialiste (mai 2008)
Estimez-vous que l’actualité justifie les choix faits par le Conseil régional depuis 2004 ?
La mise en place concrète de la gratuité des manuels scolaires et du premier équipement pour les élèves des lycées professionnels est appréciable à un moment où le pouvoir d’achat des familles est très largement touché par la politique de régression sociale actuelle. J’ajouterai la tarification sociale ferroviaire en faveur des demandeurs d’emploi, des bénéficiaires de la CMU ou des étudiants pour leurs déplacements dans les transports ferroviaires régionaux. A l’heure où le gouvernement supprime des avantages aux familles, notre dispositif régional apparaît aux yeux de tous comme celui de la justice sociale. C’est aussi la concrétisation de notre mot d’ordre de la campagne de 2004 pour “l’Auvergne solidaire”. Dans le même esprit, je mentionnerai les soutiens de la Région à la formation professionnelle, aux entreprises et à l’économie régionales, donc à la croissance et à l’emploi, ainsi que la priorité accordée aux transports collectifs via les TER. Malheureusement, le Conseil régional ne peut pas tout faire et suppléer totalement les désengagements du gouvernement.
D’autres illustrations de ce que vous qualifiez de justesse dans l’analyse ?
Prenons, par exemple, la question des OGM en rappelant la position du Conseil régional d’Auvergne depuis l’origine :
- opposition à toute culture de plantes génétiquement modifiées en milieu ouvert,
- soutien aux recherches fondamentales sur les OGM à partir de cultures réalisées sous serres fermées,
- lancement d’un grand débat public contradictoire et création de commissions d’experts,
- adhésion à la Charte de Florence.
Il s’agit d’une position responsable, équilibrée, respectueuse des avis émis dans un vaste débat public organisé à notre initiative, propre à préserver les intérêts des consommateurs, de l’agriculture, mais aussi de la recherche nationale et régionale. Une position cohérente avec la rédaction, puis l’adoption par l’Assemblée nationale de l’amendement 252 d’André Chassaigne ajoutant à l’article 1 du projet de loi sur les OGM que ces organismes ne pourraient être cultivés que « dans le respect des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées “sans OGM”, et en toute transparence ».
Notre région comporte deux parcs naturels régionaux, elle bénéficie d’un environnement préservé, elle appuie son économie et son image notamment sur la qualité reconnue de ses productions agricoles et agroalimentaires. Elle est donc particulièrement concernée par cette précaution. Le gouvernement et sa majorité de droite, au lieu de fluctuer d’une influence à l’autre en donnant de faux espoirs contradictoires à chacun, aurait mieux fait de s’inspirer de notre méthode, simplement démocratique.
Affirmez-vous aussi avoir eu raison de sauver Vulcania du naufrage ?
Indéniablement, oui. Car cet équipement avait été mal dimensionné par ses promoteurs. Un coût de construction exorbitant, un calibrage de fréquentation irréaliste, une clientèle mal ciblée. En clair, Vulcania était, à notre arrivée en 2004, promis à la friche… Mais son arrêt aurait coûté plus cher que la poursuite de son activité. Nous avons donc fait le choix, courageux, de réorienter cet équipement de façon plus ludique sans pour autant renoncer à sa dimension pédagogique, selon la formule “apprendre en s’amusant”. Nous avons fait le choix de recapitaliser la SEM Volcans et de financer des investissements de scénographie indispensables. On voit aujourd’hui que la recette était la bonne, que la fréquentation 2007 a été supérieure de 42 000 visiteurs à celle de la saison précédente, que cette année, à nouveau, les réactions du public sont positives, que Vulcania II a trouvé son équilibre financier et qu’il joue désormais son rôle d’outil de développement du territoire.

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