Groupe Union pour l'Auvergne
L’Auvergne face à la crise
par Jean Proriol, président du Groupe Union pour l'Auvergne (septembre 2009)
Le 23 juin dernier, l’Assemblée régionale a été appelée à examiner le compte administratif de la Région, c’est-à-dire la façon dont a été exécuté le budget voté pour 2008. Dernier de cette mandature, il représente l’intérêt tout particulier de pouvoir dresser un bilan de la politique budgétaire menée au Conseil régional d’Auvergne depuis 2004.
Il en ressort que la marque de la gestion de la majorité actuelle aura été le renoncement à tous les engagements pris par elle devant les électeurs.
Renoncement à l’engagement de ne pas augmenter les impôts.
Cela avait été écrit et répété lors de la campagne électorale de 2004 : la fiscalité régionale ne devait pas être alourdie. Résultats, en cinq ans, les impôts directs ont augmenté de plus de 70%, un quasi-record national, la taxe sur les cartes grises de près de 67 % et la taxe sur l’essence a été portée à son maximum. Ce sont plus de 240 M€ supplémentaires prélevés dans le portefeuille des Auvergnats. Nous avons ainsi assisté à un véritable hold-up fiscal que l’opposition régionale a dénoncé à maintes reprises.
Renoncement à l’engagement de désendetter la Région.
Les mots de la majorité actuelle n’étaient jamais assez durs pour dénoncer une dette prétendue insupportable qu’elle promettait de diminuer.
Où en est-on aujourd’hui du désendettement ? Au 31 décembre 2003, l’encours de la dette régionale s’élevait à 333 M€. Il est à présent de 490 M€ et dépassera largement les 500 M€ à la fin de cette année, soit près de 50 % de plus ! Qui trompe les électeurs ?
Au final, cette gestion se soldera par plus d’impôts, plus de dette, mais pour quelle réponse aux besoins nombreux et urgents de l’Auvergne ?
Car là est le plus grave, nous ne pouvons que constater le désengagement de la Région de domaines essentiels pour le développement de l’Auvergne.
Abandon du développement économique et de l’agriculture, alors même que ces deux secteurs sont l’un et l’autre touchés par des crises sans précédent.
En 2008, après un démantèlement complet des aides économiques, seuls 16 M€ ont été dépensés pour soutenir l’industrie, le commerce et l’artisanat, et donc les emplois, sur 21 M€ annoncés. Pour l’agriculture, ce sont 6 M€ dépensés sur les 9 M€ votés.
Ce n’est que sous la pression de l’opposition que le président du Conseil régional a consacré une session extraordinaire à l’économie et l’emploi, dont a découlé tardivement un plan de soutien aux entreprises, financé pour 14,3 M€ par l’État ; 3,5 M€ par l’Union européenne ; l’effort propre du Conseil régional se résumant à un seul petit million d’euros.
Abandon du désenclavement de l’Auvergne.
Il est impératif que l’Auvergne achève son désenclavement. Parallèlement à l’amélioration des voies ferroviaires, celle de nos liaisons routières doit rester une priorité. C’est un enjeu d’aménagement du territoire et de développement économique. C’est une question de sécurité routière et de vies épargnées.
Or, par dogmatisme, l’actuelle majorité refuse désormais toute intervention sur les routes, rompant ainsi avec plusieurs décennies d’un partenariat fidèle avec l’État et les départements. Ce sont les territoires les plus fragiles qui risquent de pâtir de cette politique.
Face aux crises qui touchent nos entreprises et nos agriculteurs, face aux enjeux régionaux, force est de constater que la majorité régionale n’aura pas été au rendez-vous de la solidarité !
Les sites de la région
Conseil régional : mode d'emploi


